je te crée

9 juillet 2008 18:53
 
 

Je te pense et je te crée. Je te fais les mains blessées de rêves trop saisis, les doigts longs accordés au diapason de mes si, quand c'est un "la" que les autres attendent. Je trace en pagaille quelques notes en bijoux , quelques lignes tendues en portée porte manteau et ta veste sur mes épaules. Je te pense et je te crée. J'esquisse des cheveux où se couche la nuit, sur un lit charbonneux, draps froissés, insoumis, où le vent viendra s'abriter avant de retomber en musique improbable au creux de ta main. Je te pense et je te fais, les paupières closes sur eaux troubles figées miroitant tes échappées dans nos ailleurs, et qu'importe la couleur puisque je ne verrais que les flammes séquestrées vascillantes sous le cristal  de tes iris. Ouvre les yeux maintenant! Je te pense et je m'applique sur une âme renversée aux sursauts transcendants, aux parois echymoses sous vibrato puissant, je te mets un pansement mais tremble encore jusqu'à cri aphone, raisonnant en echo sur ta terre chaotique! Je te fais le monde un peu oblique et m'y laisse glisser. Je te pense et je t'écris quelques brindilles pour un arbre du passé, peut être quelques fruits qui y auront poussé, quelques feuilles jaunies? Je pense à toi et te donne vie! J'appose ma bouche sur ta bouche qui sourit, je t'insuffle mon air, je te donne, je t'emplis. Mes mains puis mes bras te rammasse, te déterre, je te fais naître, je te fais être! Sors de là, lève toi, debout! vois le jour! Je t'attends depuis...depuis toujours...

Et tu te lèves, le pas hésitant, l'équilibre imparfait. C'est normal de chanceler sous le vent, tu sais. Moi aussi je tangue parfois quand il souffle trop fort, en tempête sable aux yeux qui me fait perdre le Nord. J'aurais plein de chose à te dire, mais je ne te dirais rien. Tu vois le monde en dessous ne donne pas vie aux pantins.Ici dans ma bulle, on est bien, hein? Mais dés que j'ouvrirai les yeux, tu retourneras au ciel de mes chimères. Je suis tellement désolée d'avoir le rêve précaire. Regarde en bas, le monde s'agite. Je crois qu'il se sont aperçu de ma fuite. Le temps d'un baiser et je me laisse tomber..je cogne la terre, je suis réveillée...Aïe..Ici aussi c'est un champ de bataille.

Humeur: Distraite

ça va de soi

8 juillet 2008 07:06
 
 

 

Lui. Il reste inerte, la solitude accoudée aux carreaux embués, cherchant visage sous goutelettes. A son dos, le poids de ses ailes écorchées, à ses pieds, le vide qui appelle.

Elle, lance des appels comme on balance une ligne et le fil comme un lien, s'enroule sur des riens qui usent et coupe la maudite. L'hameçon blessant dérive dans le fond, et fuit.

Lui, nage dans l'eau trouble de ces yeux qu'il ne voit pas, s'essoufflant à crier que son esprit se noie. Là. Une déchirure soudaine au bout du doigt, un crochet appât qui trainait par là, rebelle.

Elle, se penche et se redresse au dessus du vide et de cette mer de pensées, se prend à songer de peut être s'y jeter, avance un pied....

..................................Et saute!

les yeux fermés elle laisse couler le temps et l'eau pénétrante, infraction à chacun de ses pores, qu'importe. Elle s'endort pour ne plus entendre le tapage des rêves battants, masse dérivante au gré des vents rageurs. Elle flotte sur l'ombre d'une vague lui promettant rocher pour fin et son fond pour lit eternel.

Lui, plaie ouverte, le sang se répend, mer rouge,rouge colère, injustice du monde , il crie! Et l'echo retentit comme un coup de tonnerre, comme une balafre au ciel de la terre, et les nuages se fendent et les étoilent tombent en pluie, et le décor s'abat mauvais château de carte.

le silence.

Elle, ouve les yeux, l'air jouant sur ses cheveux dansants, la tête posée sur le bois du rebord de fenêtre. Dehors n'a plus de voile, dehors n'a plus d'étoile. Elle se penche un peu et regarde en bas.

Il. Il est là. L'amour au bout des doigts.

La vie va de soi quand deux âmes se noient.

Humeur: Excentrique

Méfiez vous des blondes!

30 juin 2008 09:59
 
 

On devrait toujours se méfier des blondes. Ce jour là je ne m'étais pas méfié. Je lui avais donné le premier baiser, je lui avais ouvert ma bouche et elle me prenait déjà les entrailles. Elle avait planté ses ongles acérés au plus profond de mon être et y avait creusé une place , promesse d'y rester pour longtemps. Et ce longtemps, Dieu sait qu'il était long. Dix ans. Dix ans à la réclamer dés le matin en me sentant misérable, à trouver qu'elle avait la classe, qu'elle était belle quand elle s'échappait. Et je tremblais en lui criant :" reviens vite!".Trés vite elle devint mon souffle même, ma béquille, sans me rendre compte que c'est elle qui m'avait coupé la jambe. Elle m'étouffait en riant, en dansant sur ses arabesques mystérieuses, en nous enfermant toutes deux dans un cercle qui rapetissait. Bientôt je me trainais à terre l'appelant: "relève moi!" "relève moi!"et elle arrivait sur son cheval gris galopant à toute hâte direction mon corps, mon sang et puis mon âme. Elle me prenait chaque seconde de vie, elle était là sur chaque photo, chaque instant saisi au vol, elle était là en première ligne, insidueuse, presque invisible à vos yeux à vous. Elles était caressante et piquante , doux poison dont j'aimais dessiner la chevelure naissant sous ma main. Elle brûlait mes secondes de solitude avant de me brûler les doigts. Ma blonde. Ma blonde aurait pu être brune et ne pas être américaine, mais elle avait ce ptit nom qui lui allait si bien: lucky. Elle s'invitait comme une chance à saisir que j'ai un peu trop étrenné. Je lui soufflait mes soupirs, elle m'attachait avec. Elle me lia les poignets, puis les jambes. J'avais l'interdiction de sortir sans elle. Si je m'y risquais, elle me faisait payer cher ma trahison en me lançant l'angoisse à même le coeur. L'organe battant s'affolait, le sang se pressait, et je criais: "reviens!" Et elle revenait en riant pour mieux m'alonger et chevaucher le mal être. Je lui avais juré fidélité le couteau sous la gorge, j'avais pactisée avec le diable pour une avant-mort en enfer. Jusqu'à ce qu'un homme qui avait bien connu cette blonde trouva la grande idée d'écrire un livre qui exorcisait la belle: "la méthode simple pour en finir avec la cigarette". Je l'ai lu sans y croire, et puis finalement j'ai trouvé plus de charme à l'auteur dans ses propos que ma blonde me narguant sur la table du salon.Je me suis accrochée à quelques uns des mots de ce fameux Alan Carr. J'ai pleuré sur les pages de son livre comme on pleure sur une épaule. Je me suis laissée envahir par le sentiment troublant que le bonheur n'existerait plus en croyant à la promesse de l'écrivain qui jurait que ça allait revenir, de ne pas avoir peur. Alors je n'ai pas eu peur. J'ai attendu confiante, en laissant s'échapper la vilaine addiction jour après jour. Puis j'ai respiré, puis j'ai même ri!Les couleurs ont doucement repris leur place sur le ciel de mes jours en même temps que le rouge sur mes joues. La vie s'est ouverte comme une bulle qui éclate, dans le rire des enfants accrochés à ma jupe, dans la moindre odeur autrefois oubliée, des fleurs sauvages ramassées en bouquet, la tarte aux pommes déposée sur la fenêtre.C'est beau la vie, et c'est fait pour ça! Ca fait plus de deux ans que ma blonde s'en est allé se frotter à d'autres mains. La tapineuse! Si jamais vous la croisez...Laissez là sur le trottoir, elle n'en vaut vraiment pas la peine.

Humeur: Excentrique