bout de vie
Un jour on tombe amoureux. On se lance dans les aventures les plus folles, on s'amuse. on brûle les heures dans des nuits infinies, on ne rentre presque pas chez soi, on s'en moque d'ailleur du chez soi.On fume ses clopes et ses économies, on fait un saut à l'elastique, on traverse l'italie en vieux combi à moitié en état. on visite venise, il pleut mais c'est beau la pluie .finalement on rentre, un jour.On apprend le drâme du world trade center.on s'aperçoit qu'on a été déconnectés du monde. Mais pas grave, on a notre monde à nous. On ressort, on refait les mêmes choses, et puis, un jour, on rentre parce qu'on s'ennuie.c'est plus drôle de s'ennivrer jusqu'à point d'heure, de danser jusqu'à ne plus sentir ses jambes, de dire bonjour en chantant à tous les badeaux qui iront tôt chercher leur journal, non ça n'est plus drôle, on reste chez soi.on s'aperçoit alors que c'est le bazarre, qu'on a plus accès à une pièce à force d'y entasser tout un bric à brac.on range, on classe, on aseptise.Finalement c'est grand chez soi.on repeint, on finiole.on redonne un peu de caractère à cette maison de pierre.on batit un nid.on s'y complait.on s'y aime encore plus fort.
et puis, un jour,une envie, juste au bout du coeur jusqu'au bout du ventre. envie d'un petit nous parce que l'amour déborde.un petit peu de nos gènes pour rires de nos erreurs d'enfant.on le rêve chaque nuit, on attend, longtemps.au bout de quelques larmes, d'incertitude, d'angoisse, vient presque comme une surprise, une drôle de sensation. le test avait dit, qu'il y avait pas de locataire dans le bidon, surprise, surprise, y'a un squatteur...de 10 semaines.Te voilà annoncé! encore 2 semaines et je peux plus te cacher! je m'écroule dans des vertiges, et c'est pas trés vendeur. Mon patron est pas content, on m'envoie en déplacement, à 600km de là. 10 heures debout sur un stand, ça me loupera pas.je consulte en urgence, le col est flagada. faut que je rentre, que je m'allonge, le boulot m'aura pas! je me mets en arrêt, le patron aime pas ça.il m'envoie pas les bons papiers, prévoit de m'expédier à lyon.j'irais pas! j'irais pas! il voit qu'une solution.Alors je démissionne pour cause d'incompatibilité vu mon état.tant mieux, je le verrais plus celui là!
neuf mois ça passe vite,mais pas dans mes chausures.Je me traine, je fatigue, d'ailleur j'allais me coucher. quand t'as décidé de t'annoncer. Je perd les eaux et mon homme perd la tête.Il part se faire beau , il veut même se raser! je crois que ce soir là y'a pas que mes envies qui sont bizarres.il court, il démarre la voiture, je me retrouve à porter mes sacs.les contractions arrivent.Pas de problèmes, j'ai pas peur.on m'a bien trop parlé d'accouchement sans douleur. Mais voilà, faudrait leur dire aux autres que c'est pas vrai, que c'est un rêve! ça fait mal, j'étouffe, mais je veux pas de péridural, non j'ai peur de l'aiguille dans le dos! je résiste, je pleure.4haprès, 1cm, 8h, 2cm. Je vais pas y arrivé, je te dis que je vais mourir. on me met un masque à oxygène et là le blanc.je sais pas ce qui se passe, je vois plus rien, j'ai trop mal.18H ça avance pas, je supplie, péridurale! On me pique et là je respire,enfin j'ai plus mal.21 heures après, surprise, 10cm, t'arrive!je pousse, je me fais disputer.Ton père est pas content, parait que je pousse pas assez. Je voudrais le voir lui! On voit tes cheveux, il me dit ils sont noirs! puis la tête, et ce fichu cordon en collier.on te libère, et te voilà sur mon ventre.Rien que le temps de voir tes jolis yeux,...ma fille.On t'emporte, on s'agite, on me dit rien.Je sais pas ce qu'il se passe.On se jette sur mon ventre à grand coup de coudes, parait que ça aide à libérer le placenta,que ça fait pas mal.C'est pas vrai encore une fois.La péridurale m'a laché sur la fin, j'ai rien loupé à ta venue, ma fille.J'ai rien loupé non plus de chaque point qu'il a fallu.Je te réclame, on me dit, on a pas le temps.on me place plus de 3 heures en observation.Je bip et rebip, qu'on vienne me chercher.enfin on m'emmène en me disant de ne pas me lever.y'a plus de place en maternité, j'irais donc en pédiatrie.on me dit qu'on va venir me voir, qu'il faut que je patiente.mais 2 heures après, y'a personne.j'ai soif alors je me lève, je longe les murs.J'en profite pour te chercher dans les couloirs.Mais voilà y'a personne.alors je me recouche et m'endors.Mais pas longtemps parce que t'es pas là.Je suis si vide sans toi! je vagabonde dans les couloirs et enfin croise quelqu'un.alors je demande "ou est mon bébé?" et on me répond "mais vous voulez la voir maintenant?" ok il est 6h du mat mais moi j'ai accouché la veille à 18H30.enfin on me conduit à toi.Tu vas bien, tu es belle.mais qu'est-ce que tu fout dans cette couveuse! je saurais jamais vraiment pourquoi ils t'ont gardé deux jours comme ça.je crois que j'ai pleuré quand on t'a ramené dans la chambre.et moi? on m'a oublié une semaine. j'ai vu une infirmière le jour de ma sortie.mais pas grave je t'avais toi, ma jolie Marylou.
en fait c'est trés facile la vie à 3. suffit d'avoir de l'amour pour chacun. tu grandis à vue d'oeil, je prends 3 ans dans la figure
on regarde les photos, on se souvient,on sourit.et puis revient encore une fois ...l'envie
on fait de la place, on pousserait presque les murs.La maison est pas si grande que ça, on pense à aménager les combles.on attend, longtemps, encore.on m'avait dit "quand la porte est ouverte, les autres viennent plus vite".C'est pas vrai, encore une fois.et puis revient cette drôle de sensation.j'y crois même plus, c'est papa qui va chercher un test.et puis surprise, y'a bien quelqu'un dans le pavillon, t'es la depuis..7 semaines.je suis contente mais si malade! c'est pas vrai non plus que c'est plus facile pour le deuxième.je prend beaucoup de poid, je sacrifie mon corps.les mois passent et je planifie tout. la clinique est privée, je veux plus de mauvaise surprise. j'avance le dernier rendez vous du 9ème mois, j'ai un pressentiment.je perd les eaux 4 jours plus tard. j'arrive à la clinique et on me dit que je me trompe, que je perd pas les eaux.C'est vrai que ça c'est arrêté mais je sais que j'ai pas rêvé. on me renvoie chez moi, j'ai même pas mal au ventre, je reviens 5 heures après, j'ai même pris le volant! j'ai bien perdu les eaux, la sage femme comprend rien. on m'installe, on attend.On provoque les contractions, injections par injection. Je souffle, je supporte,4 heures mais rien. Le col ne décolle pas de ses 1cm.on me pique, la péridurale est étrange, j'ai froid.4 heures de plus et rien ne va.le medecin arrive et prend un ton compatissant.ça sert à rien d'essayer, le col est immature.Ben oui, il avait pas prévu lui que bébé ferait son pressé, 3 semaines d'avance. On m'emmène en bloc, c'est la césarienne. On me dit qu'on va m'endormir tout le bas , on m'injecte des trucs, je tremble.On m'attache en croix, on me met un champ devant, j'ai peur. je sens toujours mes jambes, c'est étrange non? et puis ça brule, ça coupe, je hurle! on me découpe à vif. je suis pas jésus chris pour endurer ça. on me pose un masque on me dit "on respire", je sens plus rien....je dors
je me réveille, une voix à l'oreille " je vous ai intubé, vous aurez mal à la gorge, tout va bien, on vous place à côté de votre bébé, tournez la tête il est à gauche, vous voyez flou c'est normal, ne luttez pas".J'ai tournez la tête, et tu étais bien là ..mon fils! tout était flou sauf toi! tu étais si beau mon Matthias; que j'en ai pleuré de joie.ton père en revenait pas que tu sois si grand.ça aurait été quoi si tu avais été patient? il me souhaite une bonne st valentin, t'as bien choisi ton jour. Puis elles reviennent les sages femmes, parait qu'il faut m'appuyer sur le ventre pour voir si tout va bien.Mais voilà ça fait trop mal, elles comprennent pas que leur calmant fait rien sur moi.On me demande de me cramponner au lit, je hurle encore une fois. On m'avait dit, que pour le deuxième c'est plus facile et plus rapide. je me demande d'où viennent toutes ces idées reçues.Mais j'ai eu quand même la chance que cette fois on s'occupe de moi comme de toi. j'arrive même à t'allaiter mon fils! je souffre des contractions que ça suppose mais avec le sourire, le sein en sang des premières crevasses, je supporte, je te nouris, mon fils.Tu grossis bien , je suis la plus heureuse, je suis pas vide, on ne se quitte pas.D'ailler tu veux pas quitter le sein, et tu fais pas tes nuits.J'alterne les tétées et les cauchemards de ta soeur.je suis épuisée, mais j'assure.
t'as souffler ta première bougie, et je t'ai quand même sevré.Du coup tu dors toute la nuit et moi enfin les premières nuits entières depuis longtemps.
les enfants, on leur prête un bout de ventre mais ils ne le rendent pas.Ils emportent avec eux un petit peu de nous même.Alors quand l'un deux doit passer un moment à l'hôpital (température>40, pose de diabolos,gastro et déshydratation), quand ils dorment pas chacun paisiblement dans leur lit à côté, on n'est plus entière.dés qu'ils sont malades, c'est la grande angoisse, et les mamans, elles, elles racontent toutes ces histoires sur un blog , insomniaque.
1 commentaire à cet article.
J'veux être maman (l)
Trop beau ton texte !