ça va de soi


Lui. Il reste inerte, la solitude accoudée aux carreaux embués, cherchant visage sous goutelettes. A son dos, le poids de ses ailes écorchées, à ses pieds, le vide qui appelle.
Elle, lance des appels comme on balance une ligne et le fil comme un lien, s'enroule sur des riens qui usent et coupe la maudite. L'hameçon blessant dérive dans le fond, et fuit.
Lui, nage dans l'eau trouble de ces yeux qu'il ne voit pas, s'essoufflant à crier que son esprit se noie. Là. Une déchirure soudaine au bout du doigt, un crochet appât qui trainait par là, rebelle.
Elle, se penche et se redresse au dessus du vide et de cette mer de pensées, se prend à songer de peut être s'y jeter, avance un pied....
..................................Et saute!
les yeux fermés elle laisse couler le temps et l'eau pénétrante, infraction à chacun de ses pores, qu'importe. Elle s'endort pour ne plus entendre le tapage des rêves battants, masse dérivante au gré des vents rageurs. Elle flotte sur l'ombre d'une vague lui promettant rocher pour fin et son fond pour lit eternel.
Lui, plaie ouverte, le sang se répend, mer rouge,rouge colère, injustice du monde , il crie! Et l'echo retentit comme un coup de tonnerre, comme une balafre au ciel de la terre, et les nuages se fendent et les étoilent tombent en pluie, et le décor s'abat mauvais château de carte.
le silence.
Elle, ouve les yeux, l'air jouant sur ses cheveux dansants, la tête posée sur le bois du rebord de fenêtre. Dehors n'a plus de voile, dehors n'a plus d'étoile. Elle se penche un peu et regarde en bas.
Il. Il est là. L'amour au bout des doigts.
La vie va de soi quand deux âmes se noient.